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Le Jumbo vers les Dunes 2007, c'est du 31 mars au 11 avril 2007

Dix jeunes handicapés accompagnés de 55 bénévoles,

12 side-cars et 10 véhicules 4X4(dont 5 ISUZU DMAX de STAR'TERRE),

Philippe Streiff, un parrain de coeur,

tous, engagés dans une formidable aventure humaine de Lyon à Tataouine

aux portes du désert tunisien
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Le grand départ | 01 avril 2007

Samedi, 10 heures. A bord des neuf side-cars et des douze 4x4, nous quittons Lyon pour la Tunisie. Nous sommes 63 à participer à cette deuxième édition du Jumbo vers les dunes, dont dix enfants handicapés. En toute sécurité, puisqu'une escorte policière nous accompagne pour sortir de la ville. Si le soleil manque à l'appel, la pluie s'invite sur notre autoroute des vacances. Heureusement que les sidecaristes ont prévu leurs combinaisons imperméables. Après quelques heures de trajet, nous arrivons au pays des cigales, plus précisément au port de Marseille. La chaleur ne revient pas pour autant et nous accumulons les heures d'attente avant embarcation. Certains se réchauffent dans les 4x4. D'autres en profitent pour apprendre à se connaître. Vincent Barresi, président de l'association, commence à s'impatienter, mais que faire devant les stars du rallye Optic 2000 ? Nous arrivons tout de même à embarquer, vers 19 heures, sur le somptueux Danielle Casanova.
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Enfin arrivés | 02 avril 2007

Nous débarquons sans complications, au port de Tunis la Goulette. Nous avons même le temps de visiter les quartiers huppés de la capitale, avant de s'installer autour des tables du restaurant paradiso. Premier repas tunisien, premier couscous.

Direction Kairouan, notre première étape. Les passagers des véhicules sont mélangés. C'est, d'ailleurs, le maître mot du voyage : il faut favoriser les rencontres, les dialogues, le brassage. Ambiance familiale assurée !

Sous le regard réconfortant du président Ben Ali qui trône à chaque carrefour, nous quittons Tunis. Les autorités ont pris le soin de nous encadrer pendant une portion du voyage. Plus de feu rouge, plus de priorités, les automobilistes tunisiens l'auront bien compris, c'est les enfants d'abord. Une halte sur la file de gauche de l'autoroute nous donne un avant goût du code de la route local. Mais si les voitures se doublent à tout moment, si les mobylettes roulent à contre sens, tout se fait dans la plus grande courtoisie. Pas de klaxon, pas d'insulte, un appel de phares éventuellement.

Sorti de la ville, les paysages défilent, le folklore aussi. Les écoliers de bord de route nous acclament à notre passage. Les nombreux bergers font paître leurs moutons à quelques mètres de nous. Des bouchers proposent, à la vue de tous, des têtes de dromadaires. Nous ne sommes plus en France...
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Une fête par heure | 04 avril 2007

Nous partons tôt. Un épais brouillard ouvre la voie vers Gabès. Chaque village traversé exhibe, sur des étals, leur unique spécialité : tresses de piments rouges, bidons de gasoil, moutons suspendus et prêts pour le méchoui de midi.

Nous sommes accueillis à Gabès par des banderoles « bienvenue à l'association les enfants d'abord, les enfants à bord » ainsi que par une troupe de musiciens. La musique locale se compose, essentiellement, de plusieurs tambours accompagnés d'une sorte de bombarde qui émet un son aiguë et, disons-le, particulièrement strident. Il s'agit d'une école qui accueille et forme les jeunes  handicapés. Dans une des classes, des enfants handicapés moteurs confectionnent des porte-photos en forme de chien. Au bout du couloir, un atelier de gants de travail. Une douzaine de Tunisiens coupent, cousent, forment et emballent ces gants dans une chorégraphie surprenante de mains travaillant sur des mains.

Toute la presse locale couvre l'événement et se faufilent entre nous pour questionner les parents, relayer les discours d'officiels, mais aussi pour assister à notre don de fauteuils, cannes et autre matériel médical. La cérémonie se clos avec une dégustation de pâtisseries succulentes.

Même son de cloche à Matmata où le groupe visite une école et un jardin d'enfants, pour donner du matériel scolaire. Banderoles, musique, discours, dégustation. Tout y est. Un protocole désormais bien rôdé par les membres du jumbo vers les dunes.

Matmata est une ville charmante, nichée dans des collines de couleur rouge. La roche abrite les habitants qui se sont aménagés des maisons troglodytes. Notre hôtel rappelle d'ailleurs ce genre d'esprit. Chaque chambre semble creusée dans la roche.

Une soirée folklorique nous attend sous les tentes berbères installées près de l'hôtel. Si les personnes handicapées découvrent, à leur grand désarroi, l'absence de chaises, les autres se contentent de cette mise en place atypique. Au menu : tajines, musique et danseuses orientales. Après le repas certains de nos aventuriers se joignent à la danse, notamment  les jeunes handicapés du groupe. La journée aura été éprouvante, mais un bon dodo et ça repart !
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Trop de folklore tue le folklore | 07 avril 2007

Le mercredi, c'est permis. Jour bien connu pour être celui des enfants, nos dix protégés ont eu le choix de leurs activités. Si certains sont partis à Tataouine faire du 4x4 dans les dunes, d'autres ont pu faire la grasse matinée dans notre hôtel de Matmata. Pas de refus après la journée folklorique de mardi !

10h00, roulez jeunesse ! Nous marchons et roulons en direction d'une maison troglodyte, fameuse habitation creusée dans le sol. Même refrain que la veille, les tambours reprennent du service sur notre route, une réception est même organisée dans l'enceinte du logis. Des œufs et un mélange de miel et d'huile d'olive sur du pain passent de mains en mains. En fin de matinée, nos aventuriers se retrouvent dans la peau de Luke Skywalker. Nous visitons l'hôtel où ont été tournées certaines scènes du premier volet de la Guerre des étoiles. Là encore, une réception cloue la visite.

Buggys et quads sont au programme de l'après-midi. Les pistes de Matmata s'offrent à nous et aux handicapés du centre de Gabès qui sont venus nous rendre visite. Beaucoup d'entre eux font même leur baptême de side car. Sous un soleil de plomb, même si quelques problèmes techniques se produisent avec les véhicules, petits et grands semblent ravies.

Après cette journée particulièrement sportive, certains optent pour le plongeon dans la piscine, d'autres se détendent sur un transat en se faisant faire un tatouage au henné.
L'ambiance se dégrade lorsque l'un des 4x4 partis à Tataouine tombe en panne. L'ensemble du Jumbo en est affecté mais le problème est vite résolu. Des officiels partagent le dîner avec nous, délicate attention même s'ils semblent monopoliser l'attention du personnel. Le folklore est bien entendu au rendez-vous tout au long du repas. Certains s'en seraient passé. Entre danse, chant et numéro d'équilibriste, les membres du jumbo ne savent plus où donner de la tête. Ils optent finalement pour l'oreiller. ..article issue du blog "DJUMBO vers les dunes"

 



Le jumbo dans les dunes ! | 08 avril 2007

Reprenons les bonnes vieilles habitudes, le réveil sonne ce matin à 7h00. Mais soit, le soleil est déjà là, chaud pour nous indiquer la route des sables. Sans perdre de temps, les membres du jumbo reprennent leur chemin, la route pour les side cars, la piste pour les 4x4. Ciao Matmata, ciao le folklore. Nous sillonnons le sud tunisien toute la matinée, troquant les oliviers de Kairouan contre la brousse où l'unique population se compose de militaires et de bergers avec leur troupeau. Puis du sable apparaît sous nos roues, puis des dunes de sable ! Bienvenue à Ksar Ghilane, porte du désert. Dans un lieu aussi sauvage, pas question de faire escale dans un hôtel quatre étoiles, nous investissons les lieux d'un campement berbère. Sources d'eau chaude, fabrique de pain artisanal, cet environnement paradisiaque présage une bonne journée. Et nous ne sommes pas au bout de nos surprises...

A la sortie du camping s'étendent des dunes de sable à perte de vue. Dos de dromadaire ou quad ? L'équipe du jumbo a, cette après-midi, le choix. Les 4x4 n'ont pas donné leur part au chat, certains se risquent même aux joies du hors piste. Entre sensations fortes et pièges ensablés...

Quoiqu'il en soit, tous ont eu les pieds dans le sable. Après une journée aussi sportive, dormir sous des tentes berbères ne fait plus peur. Bonne nuit les petits !
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Quel souk ! | 09 avril 2007

Vendredi, 7h30. Réveil tout en fraîcheur au campement de Ksar Ghilane. Le froid et les moustiques ont altéré le sommeil de quelques uns, notamment Claude, mais la bonne humeur règne en maître et l'équipe du jumbo s'apprête à reprendre les commandes. Une seule manque à l'appel, la médecin Patricia qui s'est prêtée à des urgences non médicales.

Un peu avant midi nous posons pieds et roues sur le sol de Douz, pour une heure de shopping dans les souks. Nous déambulons dans les ruelles à la découverte des boutiques touristiques. Tam-tam, narguilé ou rose des sables défilent sous nos yeux mais l'accessoire prisé du jumbo reste le chèche, foulard que porte sur la tête les touaregs. On s'amuse à marchander, même si certains vendeurs ne font pas de cadeaux. Les emplettes terminées, nous déjeunons dans un restaurant traditionnel. Fini l'éternel couscous que l'on nous sert depuis le début du voyage, place à des plats plus fins.

Un voilier échoué dans le sable se dessine peu à peu. Non, nous ne rêvons pas. Autres lieux, autres décors, nous roulons à travers le désert de sable et de sel Chott El Jerid pour gagner notre prochaine étape, Tozeur. 
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Un oasis dans la montagne | 10 avril 2007

L'heure est au dépassement du handicap. Ce matin, toute l'équipe du jumbo arpente les chemins escarpés d'un oasis, niché dans les montagnes rougeâtres de Tamerza. Ni escalier, ni ruisseau, ni fatigue collective n'arrêteront les fauteuils, transportés ça et là par de vaillants bénévoles. Ils se réconfortent avec cascades, palmiers, et bassins d'eau claire. « Là, j'y croyais vraiment pas ; c'est vraiment le dépassement du handicap » appuie Vincent, avant de menacer Sébastien d'une baignade forcée. L'an passé, il n'avait pas osé descendre la trentaine de marches qui menait au chemin. Il faut dire que cette fois ci, les sidecaristes ne lui ont pas laissé le choix... Après un repas très appréciable à l'ombre des feuilles de palmiers, la tribu se scinde en deux. Une équipe part dans le centre de Tozeur en calèche. L'autre, en 4x4, part à la découverte du décor abandonné d'un tournage de Star Wars. Pour y aller, pas de route, il faut passer par une piste. Mais les 4x4 la délaissent rapidement pour s'amuser, en file indienne, dans l'espèce de brousse qui longe le chemin. Au volant d'un véhicule adapté, Vincent roule doucement et prudemment. Peu à peu, il gagne confiance ; une confiance qui lui sera bien utile pour dévaler la pente d'une dune qui surplombe le site. Les maisonnettes qui abritaient la famille Skywalker sont désormais le terrain de jeu des soldats de la force obscure tunisienne : les VAB, ou vendeurs ambulants de bricoles. « Un dinar, un dinar, un dinar, un dinar, un dinar, un dinar, un dinar, un dinar, un dinar, un dinar, un dinar, un dinar, un dinar, un dinar. » Leur langage, répétitif, se résume souvent à quelques mots et ils ont le pouvoir de vous faire perdre patience en l'espace de quelques millisecondes. Mais l'excursion se termine dans la bonne humeur, en repassant, au retour, par les chemins qui longent la piste. Ce soir, c'est une soirée spéciale. Vincent nous convoque tous dans une salle qui jouxte la (bruyante) discothèque de l'hôtel. « Le jumbo, c'est comme une mayonnaise » dit-il dans un élan de poésie culinaire. « Et comme dans toute mayonnaise, il faut tous les ingrédients, sinon elle ne prend pas. » La cérémonie s'ouvre avec l'annonce de l'anniversaire de Claude. Il reçoit un gâteau, une bouteille d'eau de toilette, et une carte de membre au club de 4x4 AROL. S'ensuit la distribution de divers prix, dont certains avec une coupe à l'appui. La soirée se termine avec beaucoup d'émotion, quelques larmes, une grande dose d'humanité. Et même s'il reste trois jours avant le grand départ de Tunis, il plane comme un air de fin de jumbo.
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